Inclusion et Handicap

Dans cette vidéo, découvrez une interview de Chantal Zaouche et son implication pour favoriser l’inclusion des enfants en situation de handicap dans les crèches françaises.

Dans cette vidéo, découvrez une interview de Chantal Zaouche et son implication pour favoriser l’inclusion des enfants en situation de handicap dans les crèches françaises.

Adam, Élodie, julien, lucie, nathan, jeanne, Alexia, certains de ces enfants ont un retard de développement, d’autres non. Ensemble, ils apprennent à se développer et se sociabiliser, qu’ils soient malades ou bien portants. 

Cette inclusion de jeunes enfants possédant des difficultés développementales au sein de structures d’accueil a été facilitée par le Groupe SOS de l’association Crescendo. Leur objectif ? Sensibiliser et former les structures à cet accueil qui, s’il est bien préparé, peut être source de bénéfices pour les enfants comme pour les professionnels. 

Afin de développer ce dispositif d’accueil et de permettre son installation à plus grande échelle, chercheurs et acteurs sociaux (financé par la Firah ?) ont accompagné et recueilli les témoignages de plusieurs dizaines de familles. 

Première partie : les problèmes d’intégration dans les structures habituelles

Les professionnels de la petite enfance sont rarement formés à la prise en charge d’enfant possédant un retard de développement. Aux difficultés inhérentes à l’accueil de tous petits s’ajoutent celles liées au handicap, et les structures ne peuvent pas toujours répondre positivement aux spécificités de cet accueil. 

Deuxième partie : le groupe SOS et la recherche

Nous sommes en 2005 quand Sandrine Delpeut, alors directrice de structure d’accueil, met en place un processus d’accueil et d’accompagnement destiné aux familles atypiques. Le but est de faciliter l’intégration des enfants en proposant aux professionnels une démarche ciblée sur les émotions. Pour faire valider les protocoles d’accueil, Sandrine obtient des financements et lance une recherche scientifique qui dure18 mois. 65 familles sont accompagnées lors de cette période et permettent de réunir les fonds pour pérenniser les actions du groupe.  Aujourd’hui, 65 familles sont accompagnées par le Groupe SOS.

Troisième partie : bénéfices pour l’enfant

Tous les enfants sont différents et profitent que l’on s’attarde sur leurs spécificités. Si Lazare ne pourra peut-être jamais lire ou écrire, il a de nombreux apprentissages à réaliser. Et qui sait ? L’expérience prouve que rien n’est jamais figé. Quoi qu’il en soit, Il lui faut apprendre à manger, à interagir avec son environnement. De ce point de vue, la présence d’enfants ne possédant pas de retard de développememt est un véritable atout. Ils lui parlent, le stimulent et lui apprennent une sociabilité qui lui servira toute sa vie. Pour que cette évolution soit continue et bénéfique, les transitions entre les différentes structures sont importantes. Le départ vers l’école ou vers une autre structure doit s’accompagner d’une communication sur les étapes du développement des enfants. 

Si l’objectif de l’accueil est de préparer le jeune enfant à être de plus en plus autonome et confiant avec son environnement extérieur, la mixité est un atout. Elle permet parfois aux enfants d’appréhender la vie réelle et ses contraintes mieux que dans une structure spécialisée. : Dans certains cas, des enfants touchés par la maladie vivront peut-être moins longtemps. Ils n’ont donc pas besoin d’être « préparés » à la vie en société ou même à l’autonomie. L’accent devra être mis sur la qualité de vie plus que sur les apprentissages.

Quatrième partie : bénéfices pour les autres enfants.

L’inclusion profite aussi aux autres enfants. Leur faculté de diviser en catégorie étant moins développée que chez l’adulte, il voit avant tout un enfant avant de voir une différence. Les enfants non malades interagissent en général aussi librement avec les enfants ayant un retard de développement qu’avec les autres. Aujourd’hui, Alexia ne le sait pas, mais elle apprend à Noé à effectuer des signes pour se faire comprendre. Ce faisant, elle stimule également son développement, et présente ainsi un regard positif sur elle-même à ses parents. Pourtant, le regard des parents d’enfants tout-venant peuvent être inquiets. Vont-il s’occuper aussi de mon fils autant que les autres ? N’est-ce pas dangereux ? Quels sont les aménagements ? Ces questions, la structure d’accueil devra y répondre en faisant preuve de pédagogie.

Cinquième partie :  bénéfice pour les parents

Qu’est-ce qu’une MDPH (encart texte) ?, quelles sont les démarches administratives à réaliser ? Y a-t-il des aides spécifiques ? Les parents font soudainement face à une multitude de questions. Plus encore, ils savent que leur parcours de vie sera bouleversé. Si devenir parent est déjà un changement important, la naissance d’un enfant présentant des difficultés développementales est souvent un défi que les parents peuvent difficilement relever seuls. 

Autre difficulté, les ressentis sont parfois très différents entre des parents qui découvrent cette situation et des professionnels qui la vivent au quotidien. Quand au diagnostique, s’il permet généralement de dessiner des pistes, il peut parfois les brouiller ou même faire obstacle à la relation humaine entre l’enfant et ses parents. Si un guide est utile, il doit servir la vie et non pas s’y soustraire. 

L’enfant interagit en partie avec son univers à travers les modalités d’interaction qu’il a avec ses parents. Donc il faut que les parents aillent bien pour que l’enfant aille aussi. Or, il arrive que l’adaptation des parents à une situation qu’ils n’ont pas prévue soit plus longue. Certains peuvent rester dans le déni très longtemps, ou refuser d’en parler avec les professionnels. Le développement de l’enfant est très lié au cheminement de ses parents. Or, si la parentalité est déjà un défi en tant qu’expérience nouvelle, elle l’est d’autant plus quand l’enfant présente des difficultés développementales. L’investissement et la forme physique et mentale des parents est donc un facteur clé de l’accueil des enfants. Or, l’accompagnement en secteur médical est souvent insuffisant et le regard des professionnels de la petite enfance, s’ils ne sont pas préparés peuvent prolonger dans le réel les conditionnements négatifs des parents.  Il est donc important de ne pas se focaliser sur le handicap de l’enfant, car de nombreux problèmes sont liés à son statut d’enfant plutôt qu’au retard observé.

Sixième partie : bénéfice pour les professionnels

Ethan est prêt pour prendre son repas. Un rituel pas toujours facile à mener, mais que Julie maîtrise bien. Elle et Ethan se connaissent depuis plusieurs mois et ont su développer un langage commun. 

Le retard de développement chez un enfant peut renvoyer l’adulte à des sentiments très différents : la frustration de ne pas pouvoir l’aider, le rejet de la différence, une empathie difficile à gérer, autant de difficultés émotionnelles qui s’ajoutent à celles générées par tout enfant. Car quel que soit le stade de développement, un enfant reste un enfant.

A travers eux, il n’est pas rare que l’adulte revive sa propre expérience. En général, lorsqu’une situation touche un professionnel, c’est qu’elle ravive chez lui une problématique qui lui appartient. Avec les groupes de parole et l’expertise psychologique proposée, le Groupe SOS aide les professionnels à refaire ce chemin en sens inverse pour comprendre en profondeur les émotions qui les traverse. Le travail de compréhension et de pratique par la parole suffit en général à faire diminuer le ressenti et faciliter la résilience face aux événements difficiles.

Une fois les difficultés surmontés, l’accueil de la mixité et l’accompagnement du Groupe SOS a permit à de nombreux professionnels de mieux se connaître et donc d’améliorer leur qualité de travail avec les enfants présentant un retard mais aussi avec les autres. Ils y gagnent également une meilleure reconnaissance de leur travail.

Septième partie : la recette d’un bon accueil : la communication

Si l’aventure de l’inclusion peut être source de nombreux bienfaits, elle n’est pas toujours facile à mettre en place. Une condition nécessaire est la présence d’une direction motivée et suffisamment pédagogue pour faire adhérer son équipe au projet. La formation des accueillants est nécessaire pour apprendre à gérer les contraintes matérielles mais aussi pour mieux appréhender les défis émotionnels liés à toutes les altérités. Le groupe SOS a mis en place des protocoles permettant aux professionnels de favoriser la communication avec les parents et les acteurs de la petite enfance. En constituant des groupes de parole, en créant du lien entre les différents professionnels, en favorisant une communication non jugeante au sein des structures, parents et enfants se sentent intégrés et acceptés au sein d’un organisme public.

Quelque soit la difficulté développementale de l’enfant, il a des compétences. Une démarche inclusive avec d’autres enfants peut aider parents et professionnels à insister sur ses capacités et son bien-être plus que sur ses lacunes. Pour l’équipe accueillante, il s’agit de développer un véritable projet d’équipe, et ce avant l’arrivée de l’enfant. 

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