Quand bio et non-bio savent échanger ensemble

On oppose souvent les agriculteurs bio et les non-bio, mais la réalité des pratiques est bien plus complexe. Et quand ils se rencontrent pour échanger, ils ont bien plus d’atomes crochus et de choses à partager qu’on le croit…

On oppose souvent les agriculteurs bio et les non-bio, mais la réalité des pratiques est bien plus complexe. Et quand ils se rencontrent pour échanger, ils ont bien plus d’atomes crochus et de choses à partager qu’on le croit… Résultat : les échanges favorisent la découvertes de nouvelles pratiques vertueuses pour l’environnement !

Comment l’AB contribue au développement local et quels sont les messages clés de LOU LABO

Contexte :

Dans les années 80, le village rural de Correns (situé dans l’arrière-­‐pays varois) est confronté à une économie moribonde et constate :

  • l’abandon  des  terres  agricoles
  • un exode rural et donc un recul important de sa population (500 habitants)
  • la fermeture des commerces de proximité (boucherie, boulangerie…)

Un projet commun pour l’avenir : le choix d’une AB à l’échelle d’une commune

En 1995,  la nouvelle équipe municipale (dont  3 viticulteurs  conventionnels)  propose d’insuffler  une démarche collective de passage en bio, convaincue qu’il s’agit d’un défi pour l’avenir qui peut être une réelle opportunité pour redynamiser le territoire et offrir un avenir plus positif aux générations futures. 90% des viticulteurs répondent positivement à l’appel alors même que les pratiques et savoirs en la matière sont quasi inexistants. En 1997, après 3 ans de conversion, le village est fier d’être le 1er village bio de France avec 90% de la surface agricole utile passée en bio. Cette initiative prise par la cave coopérative viticole La Corrensoise est considérée comme avant-­‐gardiste en son temps. Cette innovation portée par un collectif de viticulteurs est d’ordre organisationnel, technique et technologique et génère des impacts positifs aux niveaux social, environnemental et économique. Mais l’innovation réside également dans le fait que le passage du conventionnel à la bio soit une dynamique collective et empirique.

Un engagement partagé créateur d’une nouvelle force d’attractivité pour le territoire

Forts d’une volonté d’excellence qui a créé une dynamique d’innovation et d’amélioration continue, les viticulteurs ont réussi à maintenir leur activité et développer leur secteur d’activité. Cette démarche a renforcé l’attractivité du territoire et a incité d’autres acteurs à rejoindre ce mouvement de recréation de valeur dans un territoire rural. Tous les viticulteurs sont restés sur la commune, les oléiculteurs sont passés à leur tour en bio (et on racheté un moulin en 2002) et d’autres producteurs bio sont venus s’installer : apiculteur bio, poulailler bio (poulets de chair et poules pondeuses), chevrier bio, céréalier bio, plantes aromatiques et médicinales bio. D’autres structures ont choisi de venir s’installer à Correns, comme Albertvieille, en rachetant la distillerie existante à Correns dans l’objectif d’y produire des huiles essentielles bio.

Une contagion positive : du micro au macro

Ce mouvement a fait de Correns le Premier village bio de France avec 95% de sa surface agricole utile en bio et l’a conduit à développer un large plan d’actions en matière de développement durable : cantine bio, éco rénovation HQE de la mairie, économies d’énergie, démocratie participative… L’ensemble de ces actions est détaillé en annexe

Focus sur viticulture bio où typicité rime avec innovation et réussite socio-­‐économique

Ce choix a poussé les vignerons à réinventer leur métier et au-­‐delà, à amorcer une démarche de qualité et d’amélioration continue. Afin de fédérer et maintenir la dynamique, la cave coopérative s’est  regroupée  avec plusieurs domaines viticoles bio de Correns pour créer en 2000 l’association Les Maîtres Vignerons Bio de Correns. Dans l’objectif de promouvoir et valoriser le travail réalisé, l’association organise plusieurs évènements :

  • un évènement grand public : la Fête du Bio et du Naturel depuis 2000 (15ème édition en 2014)
  • des  évènements professionnels : > le salon Biovins (organisé de 2002 à 2010) > les ventes aux enchères des Blancs de Correns (depuis 2012) au profit de Villages Durables, association de République Démocratique du Congo qui œuvre pour la réinsertion d’enfants soldats autour d’une ferme‐école en agroécologie.

A partir de 2007, la cave s’engage à développer de nouvelles références, notamment 2 vins de garde en blanc et rouge– vendangés à cheval – et à développer les débouchés commerciaux avec l’ouverture de 3 points de vente. Le travail mené pour l’amélioration de la qualité des vins produits a même conduit l’INAO à valider, en 2013, le dépôt de la Dénomination Géographique Contrôlée (appelée également Dénomination de Terroir) « Blancs de Correns », poussée par la jeune génération de viticulteurs très présente au sein du Conseil d’Administration de la cave et fière de son terroir.

La démarche engagée par la cave coopérative viticole de Correns démontre d’une part une vision moderne de l’agriculture structurée autour d’un modèle viable et pérenne, gage d’une vraie réussite économique. D’autre part, elle confirme la capacité d’un secteur économique à contribuer à la création d’un territoire à haute valeur ajoutée, redistribuée localement. Par ailleurs, cela a fait naître une satisfaction grandissante chez les jeunes agriculteurs qui ressentent :

  • un sentiment d’estime d’appartenir au monde agricole, de rester travailler au village et d’en valoriser le caractère spécifique
  • un sentiment de fierté de contribuer au bien-­‐être et au bien vivre des générations futures

LouLabo : moyen de diffusion territorial des bonnes pratiques

L’expérience menée à Correns démontre aux territoires ruraux à majorité viticole (ou agricole) qu’un passage en bio est non seulement possible mais qu’il est surtout une solution d’avenir à fort potentiel social, économique et environnemental. Cette expérience répond au besoin d’insuffler sur un territoire rural une dynamique de création d’activités à haute valeur ajoutée basée sur l’utilisation et la valorisation des richesses naturelles préservées (et non dégradées). A ce titre, elle répond également aux besoins de :

  • création  d’emplois
  • revalorisation  des  métiers  et  des  savoir-­‐faire  agricoles
  • affirmation d’une typicité, gage d’une identité et d’une légitimité pérenne

Cette expérience réussie est donc la preuve grandeur nature de la capacité de la bio à redynamiser l’emploi en valorisant les savoir-­‐faire. Fort de cette constations et de ses 15 années de graines germées sur le chemin du Développement Durable (DD), Correns aspire à partager son expérience en matière de DD. A ce titre, la commune a participé activement à la création d’un Centre de Développement Durable : LOU LABO. Organisation à but non lucratif, LOU LABO est un outil dont la vocation est de partager les expériences menées et d’inventer les nouveaux savoirs auprès et avec les collectivités territoriales et organismes publics, les entreprises, le secteur associatif et les citoyens.

LOULABO défend l’idée que redynamiser l’emploi en valorisant les ressources et savoir-­‐faire locaux est une démarche reproductible qui nécessite surtout deux qualités que tout un chacun possède : de la volonté et du courage. Ces deux qualités, associées à un objectif de « faire mieux ensemble » et à une démarche d’amélioration et d’innovation continues sont une source intarissable de motivation pour ceux qui portent le projet.

L’association porte donc l’ambition de faire du développement durable une réelle opportunité pour développer les activités économiques locales tout en améliorant la qualité de vie des populations et en proposant des services innovants pour le territoire. Les 2 principaux axes de LOULABO pour contribuer à la diffusion de ces bonnes pratiques sont :

  • essaimer : formaliser, capitaliser et partager les expériences exemplaires menées à Correns (notamment par l’organisation d’ateliers, de formations, de projets)
  • innover sur des enjeux clés pour le territoire : identifier de nouvelles opportunités locales pour la restauration collective, développer des projets de recherche-­‐action en matière d’agriculture biologique, organiser des résidences de travail pour déployer l’intelligence collective.

Comment l’AB contribue au développement local et quels sont les messages clés de FAAP

Voici mes réflexions sur l ‘impact du projet FAAP sur la dynamique locale :

  • rencontres et échanges de familles : constitution de groupes qui peuvent devenir groupes de consommateurs (achats collectifs de pain par exemple) ou continuer à se retrouver lors de soirées,
  • découvertes des acteurs de terrain par les familles (lors des visites de fermes, de points de vente,…) ce qui entraine souvent une modification des lieux d’achats et une relocalisation de la consommation => soutien de l’économie agricole et agroalimentaire locale en démocratisant l’accès aux produits locaux biologiques issus de circuits-courts ;
  • Consolidation des revenus agricoles des agriculteurs bio, principalement ceux en vente directe ;

Comment l’AB contribue au développement local et quels sont les messages clés du GABB 32

* moins de clivages (incompréhension, manque de dialogue/échanges) entre bios/conventionnels (social, culturel)

* Évolution des mentalités des conventionnels par rapport au respect du col, de l’environnement et/ou de la santé (culturel)

* Pratique des couverts => amélioration du sol (structure, fertilité, rétention d’eau) => moins sensible aux à coups climatiques => rdts moins instables et déplafonnés => meilleures performances économiques des fermes à moyen-long terme

* Pratiques des couverts (bios et conv)  et moins de phytos des conventionnels et conversion de conventionnels => meilleur respect des sols et de environnement => moins de pollution des eaux (phytos, nitrates, matières en suspension) =>économies ds le traitement de l’eau potable à LT

Comment l’AB contribue au développement local et quels sont les messages clés de MBV

  • Le partenariat Manger Bio en Vendée/ADAPEI-ARIA de Vendée n’est pas vu comme un simple fournisseur mais comme un acteur du territoire, invité à ce titre à des commissions au sein des collectivités.
  • L’association Manger Bio en Vendée participe à des projets de développement local sur le territoire, notamment en ce moment à une réflexion sur une logistique circruits courts avec une dizaine d’acteurs du territoire
  • Le partenariat Manger Bio en Vendée/ADAPEI-ARIA de Vendée apporte une solution aux collectivités pour s’approvisionner en produits locaux de qualité : soutien d’emploi et savoirs faire locaux, lien à la qualité de l’eau et des sols du territoire…
  • La bio amène une réflexion, puis une démarche de cohérence : « on veut du bio, oui, mais local, qui répond à des principes sociaux, environnementaux… »
  • Le projet créé la rencontre. C’est par cette interconnaissance que l’on développe une activité localement. 
  • Proposer une tel outil amène d’autres acteurs du territoire à revoir leur offre. Création d’émulation. D’autres fournisseurs du territoire sont amenés à proposer des produits bio locaux.

Comment l’AB contribue au développement local et quels sont les messages clés de CA31

Comment l’AB contribue au développement local et quels sont les messages clés de l’EPLEFPA 66

Historiquement, l’EPLEFPA est l’acteur clef du développement de la filière plantes aromatiques et médicinales dans les Pyrénées Orientales par la réflexion qu’elle a engagée sur les pistes de diversifications de l’agriculture dés 2006. Par l’action de son chef de projet elle a contribuée à la structuration locale de la filière régionale en création et a permis la création d’un syndicat de producteurs. 

Cette action s’est construite en réaction au problème des friches agricoles liées aux crises successives, à la nécessité de maintenir l’activité agricole pour le maintien de l’activité des coopératives viticoles, à la nécessité de trouver des solutions contre le risque incendie et aux liens entre agriculture et tourisme. 

Le développement de cette activité en agriculture biologique permet de répondre à l’enjeu important pour le département de préservation de la qualité de l’eau potable issue de nappes phréatiques très vulnérables au risque phytosanitaire. Ainsi dans un département qui a été pendant longtemps le premier département bio de France, une nouvelle voie exclusivement bio vient renforcer le développement de l’AB. 

L’EPLEFPA montre l’exemple et remplie sa mission démonstrative en installant les outils de pré-transformation indispensable au développement, en restructurant son exploitation agricole dans un but démonstratif et de formation pour l’installation des plantes aromatiques et en mettant en place des parcelles d’essai et de référence avec ses partenaires. 

Ainsi, la « BIO » permet de répondre à une demande interrégionale de filière tout en répondant à des enjeux multiples de préservation de l’eau, de nécessité de maintien de l’agriculture, de synergie de développement entre agriculture et tourisme ainsi que de « voisinage » de l’agriculture avec les autres activités humaines, en particulier dans une plaine du Roussillon toujours plus urbanisée. 

Ce développement de filière a permis d’identifier les voies possibles (et les besoins) de mise en place d’un pôle territorial de coopération économique au niveau du département pour aller plus loin dans l’investigation des possibilités de développement de la filière bio des plantes aromatiques et médicinales et plus généralement des nouveaux débouchés pour les plantes (réduction des phytosanitaires, antioxydants, extraits végétaux, autres …).

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